Ecoles

 Déclaration de service non-fait dans le primaire en cas de grève : un premier recul de l’administation !

 

Suite à l’évolution des instructions, voulue par le DASEN, sur les déclarations pour service non-fait (instructions arrivées par une lettre 1d dans les écoles), une intersyndicale large a interpellé la DSDEN en demandant une audience par ce courrier joint.

"Monsieur le Directeur Académique,
Les organisations syndicales, CFDT EFRP Bretagne, CGT Educ’action 35, FSU-SNUipp 35, SE-Unsa 35, SNUDI-FO et Sud Education 35. sollicitent une audience afin d’échanger avec vous sur la situation des directrices et directeurs d’école et sur l’alourdissement continu de leurs missions.
Nous constatons depuis plusieurs années une accumulation de tâches, de procédures et de demandes adressées aux directions d’école. À chaque difficulté de fonctionnement du service, une nouvelle responsabilité semble pouvoir être renvoyée vers les directrices et directeurs, alors même que leur charge de travail est déjà considérable et que les moyens dont ils disposent restent limités.
Les nouvelles dispositions concernant les services faits en constituent une illustration particulièrement préoccupante.
Dans votre courrier, vous précisez que « le directeur d’école ne constate pas la situation ni ne comptabilise les grévistes le jour de la grève, rôle dévolu à l’autorité hiérarchique. C’est dans ce cadre qu’il retourne à l’IEN de circonscription les documents mis à disposition des enseignants, sans attester par ailleurs du service fait »
Vous savez pertinemment, Monsieur le Directeur Académique, que cette précision ne correspond pas à la réalité de ce qui se passera dans les écoles. Le directeur, la directrice ne transmettra pas un document incomplet conduisant à des retraits sur salaire de ses collègues. L’obligeant de fait à constater la situation et à comptabiliser les grévistes.
Cette demande ajoute donc effectivement une tâche administrative supplémentaire à des personnels déjà surchargés. Elle les place également dans une situation particulièrement inconfortable vis-à-vis de leurs collègues, en les conduisant à intervenir sur un terrain qui relève de la gestion administrative des personnels et non de leurs missions de direction.
Nous refusons que les directrices et directeurs deviennent la variable d’ajustement de la sous administration chronique de l’Éducation nationale.
Le problème n’est d’ailleurs pas limité à la question des jours de grève. Ce qui est en cause est une dérive plus générale : faute de moyens suffisants dans les services, les directions d’école se voient progressivement confier des tâches de recensement, de suivi, de contrôle et de transmission qui viennent s’ajouter à leurs missions sans qu’aucun temps ou reconnaissance supplémentaire ne leur soit réellement accordé.
Cette situation n’est plus tenable.
Les directrices et directeurs doivent pouvoir exercer leur mission première : faire fonctionner l’école, coordonner l’équipe, accompagner les élèves et les familles et contribuer à la qualité du service public d’éducation. Ils ne peuvent être transformés en relais administratifs chargés de compenser les insuffisances de moyens des services académiques.
Les organisations syndicales considèrent que l’on ne peut pas continuer à répondre à chaque nouvelle exigence administrative par une nouvelle sollicitation des directions d’école.
La reconnaissance du travail des directrices et directeurs ne peut pas se limiter à des discours sur leur rôle essentiel : elle doit se traduire concrètement par une limitation de leur charge, une clarification de leurs responsabilités et des moyens leur permettant d’exercer leur mission dans de bonnes conditions.
Nous vous demandons donc de bien vouloir nous recevoir rapidement afin que ces questions puissent être examinées et que des réponses claires puissent être apportées aux équipes et aux directions d’école.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur Académique, l’expression de notre considération respectueuse."

Les organisations syndicales, dont la CGT Educ’action ont été reçues le 1er octobre. Après explication de nos demandes, nous notons un premier recul de l’administration :

L’administration admet que les personnels grévistes n’ont pas à émarger et conviennent que les directrices et directeurs ne doivent pas signer le document qui doit être transmis à l’IEN.

L’administration accepte d’enlever la colonne des grévistes ainsi que la signature des directeurs et directrices.

Le délai de renvoi du document est augmenté à 15 jours. Le document arrivera avant 12H00 dans les écoles, la veille du jour de l’appel à la grève.

Nous Rappellons des consignes syndicales simples :
– Les personnels grévistes ne peuvent être amenés à signer des listes d’émargement, ni avant, ni pendant, ni après la grève
– Seuls les personnels non-grévistes et en service le jour de la grève peuvent être amenés à signer éventuellement des listes d’émargement
– Les directeur.trices ne doit signer aucun tableau.