Réforme du Collège : Une catastrophe annoncée

La ministre Vallaud-Belkacem a évoqué, mercredi 28 janvier, les pistes de la réforme du Collège. Les mesures envisagées sont une attaque frontale contre les personnels, encore plus brutale que les réformes Darcos-Chatel des lycées professionnels, généraux et technologiques.

La clé de voûte de la réforme est une fois de plus « l’autonomie » des établissements, c’est-à-dire une déréglementation totale des horaires et des programmes.

Chaque établissement choisirait des « enseignements complémentaires ». Cela va se traduire par de fortes inégalités entre les élèves et entre les établissements : aux « bons » des projets patrimoine, aux « mauvais » quelques compétences permettant l’employabilité. Cette déréglementation va de pair avec le renforcement de nouvelles instances comme le conseil école-collège ou le conseil de cycle 3 qui vont appliquer au collège les « projets éducatifs territoriaux » mis en place par l’Éducation nationale et les mairies pour les rythmes scolaires. Elle s’accompagne également du renforcement des prérogatives du conseil pédagogique dont les membres seront maintenant désignés directement par le chef d’établissement (en lieu et place du recours au volontariat).

Pour les personnels, la note s’annonce salée.
  • c’est la fin de la qualification disciplinaire : les « enseignements complémentaires » seraient interdisciplinaires tout comme les programmes. A quoi bon avoir recruté des professeurs monovalents pour faire de la bivalence ou de la polyvalence ?

  • c’est une baisse des horaires des élèves pour faire place à ces « enseignements ». Concrètement, cela signifie que chaque collègue aura davantage de classes, d’élèves, et donc de charge de travail.

  • c’est la mise en concurrence des personnels. Non seulement pour savoir qui va faire les « enseignements complémentaires » mais aussi car il est prévu de « globaliser » les horaires de langues, de sciences, d’enseignements artistiques. Chaque discipline devra se « vendre » au mieux auprès du chef d’établissement pour grappiller des heures.

  • c’est également, selon les termes de la ministre, « laisser la place au travail en commun, aux modes projets ». On ne peut que craindre que cela fasse partie des « missions complémentaires » prévues dans le décret sur les obligations de service qui remplacera les décrets de 1950 la prochaine rentrée.

Après la réforme des rythmes et l’abrogation des décrets de 1950, c’est un nouveau coup que veut porter le gouvernement aux personnels.

La réforme de l’éducation prioritaire annonce ces néfastes évolutions, avec la mise en place de contractualisation avec un « projet de réseau », d’obligations supplémentaires et locales (en « échange » de la pondération) et d’un enseignement au rabais , basé sur de vagues compétences définies en fonction de « besoins » locaux.

Le gouvernement entend ainsi achever l’œuvre de ses prédécesseurs : déréglementer, casser tout ce qui protège les personnels, réduire les coûts de fonctionnement en augmentant la flexibilité du personnel

et en réduisant l’offre de formation des élèves pour répondre aux demandes du patronat qui réclame un système éducatif moins coûteux, plus adapté à ses demandes et qui sélectionne encore plus. Cette politique n’est que la traduction dans l’enseignement de la politique d’austérité et de casse des acquis sociaux que mènent partout Hollande-Valls, main dans la main avec le patronat. Les dernières illustrations de cette politique sont la loi Macron et la réforme territoriale.

Les professeurs des collèges doivent se mobiliser contre ce projet de réforme, c’est une absolue nécessité !

Mais il est important – voire essentiel – de construire, avec les autres travailleurs, une riposte d’ensemble qui ne peut passer que par un affrontement interprofessionnel avec le pouvoir pour porter un coup d’arrêt aux attaques du gouvernement et du patronat. Pour cela, notre seule arme demeure la grève jusqu’à satisfaction des revendications.

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